En images : Des dizaines de milliers de personnes manifestent contre la proposition de loi de « présomption de légitime défense » de la police

À l’appel notamment d’associations de défense des droits humains, de collectifs de familles de victimes de violences policières, et de syndicats, des manifestations étaient organisées ce week-end à travers une centaine de villes françaises pour dénoncer la nouvelle dérive autoritaire que représente le texte. Elles ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes à travers le pays, dont plus de 20 000 ce dimanche 20 septembre dans la capitale, entre la place de la République et la place de la Nation.

 

 

Votée le 7 juillet à l’Assemblée nationale, cette proposition de loi prévoit que policiers et gendarmes sont « présumés avoir agi » dans le respect de la loi quand ils « font usage de leurs armes ». Pour les nombreux collectifs, associations (Amnesty International, LDH, Utopia 56, etc.) et opposants mobilisés contre ce texte, et alors que les cas de violences policières souvent meurtrières ne cessent d’assombrir l’actualité, sa possible entrée en vigueur équivaudrait à donner un « permis de tuer » aux agents de police et autres gendarmes.

Plus de 730 000 signataires s’étaient élevés contre cette proposition de loi sur le site de l’Assemblée nationale ; comme à leur criminelle habitude (classements des pétitions contre la loi Duplomb, contre la loi Yadan, pour la dissolution de la BRAV-M…), les députés de la commission des lois ont classé cette pétition sans lui donner suite. Le texte sera inscrit à l’ordre du jour du Sénat dans les prochains jours, avant d’être renvoyé devant la Commission des lois de la chambre haute.

Des hommages aux victimes de la brutalité policière

Derrière des banderoles « Non au permis de tuer » et en hommage aux victimes de la brutalité policière, arborant de nombreuses pancartes exprimant leur refus de nouveaux abus, les participants à la manifestation de ce dimanche 20 septembre ont notamment réclamé l’abandon du texte et défendu le principe d’un véritable contrôle de l’usage des armes par les forces policières.

Les dizaines de milliers d’opposants à la proposition qui ont défilé dans les rues ce week-end ont souligné qu’une telle loi modifierait profondément le régime applicable à l’usage des armes en instaurant une présomption de légalité des tirs, faisant évoluer la charge de la preuve et présumant que l’usage était nécessaire et proportionné. Une nouvelle pierre au mur de l’impunité dont bénéficient aujourd’hui les auteurs de violences policières, même dans les cas de meurtres, comme de nombreux proches de victimes ont hélas pu en témoigner ce dimanche.

 

 

Manifestation contre la proposition de loi “permis de tuer”
Dimanche 20 septembre 2026 – Paris

© Paris Rouge

 

 

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